1 personne sur 4 se dit prête à essayer d’utiliser un défibrillateur

Ils sont apparus récemment dans les grandes gares de Bruxelles, dans certaines maisons communales, dans des clubs de sport, etc. Ce sont les « défibrillateurs cardiaques », des machines qui permettent à chacun de tenter de réanimer une personne en arrêt cardiaque, en attendant les secours. Une étude des Cliniques Universitaires Saint-Luc évalue aujourd’hui l’attitude de la population vis-à-vis de ces boitiers. Une personne sur quatre seulement se dit prêt à les essayer.

Une personne en arrêt cardiaque a une espérance de vie nulle après dix minutes seulement. Avant l’arrivée des secours, un massage cardiaque ou un défibrillateur accessible peut sauver cette vie. Le professeur Christophe Scavée, de l’UCL, nuance ce scénario idéal. Des défibrillateurs apparaissent partout, mais les passants s’en approchent peu. 2086 belges ont été interrogés, hors milieu médical.

« Une personne sur cinq n’a jamais entendu parler du système », explique Christophe Scavée. Une personne sur deux sait ce que c’est, mais seule une sur quatre se dit prête à essayer. Bien moins encore, une très petite minorité, a une idée du fonctionnement.

« Cela a été démontré largement dans d’autres pays que ça fonctionnait très bien, assure le médecin. A Seattle, dans l’Etat de Wasgington, ils ont une expérience de très longue date avec les défibrillateurs automatiques externes, qui amènent un surcroît de survie extraordinaire. Mais, ça ne va pas tout seul. Donc, s’il y a une technologie déployée dans un endroit X ou Y, elle doit s’accompagner d’une formation spécifique et d’une réorganisation des secours sur place. »

Cela veut dire que lorsqu’on installe un défibrillateur à la gare du nord, par exemple, il faut former ceux qui travaillent juste à côté: guichetier, restaurateur, libraire. L’usage est simple et peut s’apprendre très vite, sur le tas, mais une formation aide à oser réagir et vite. Ce réflexe, le médecin rêve de l’inculquer aussi largement que se répandent les défibrillateurs, dès l’école secondaire. Il assure d’ailleurs: on ne risque rien à essayer de réanimer. La pire option, fatale, dit-il, est de rester les bras croisés.

Myriam Baele – Delphine Wilputte

Source : http://www.rtbf.be/info/regions/detail_crise-cardiaque-1-personne-sur-4-se-dit-prete-a-essayer-d-utiliser-un-defibrillateur?id=6825873